La fabrique de boîtes de montres E. Piquerez SA est fondée à Bassecourt en 1939 par Ervin Piquerez (1909-1971), mécanicien issu d’une famille d'industriels: il est notamment le frère de Camille Piquerez (1901-1963), fabricant de cycles à Bassecourt, et le cousin des fondateurs de la société Thékla Piquerez à St-Ursanne.
EPSA connaît une très forte croissance jusqu'au début des années 1970. Elle est alors la plus importante entreprise de Bassecourt. Le nombre d'employés passe d'une centaine au début des années 1940 à un maximum de 590 en 1971. Quant au chiffre d’affaires, il atteint plus de 25 millions en 1970. Ces succès reposent notamment sur un sens très poussé de l'innovation, en particulier dans le domaine des boîtes de montres étanches.
A la mort du fondateur (1971), ses héritiers adoptent un comportement rentier qui ne permet pas à l'entreprise de faire face à la crise horlogère. Largement dépendante de capitaux bancaires, EPSA fusionne en 1984 avec la holding La Générale SA, avant de se voir reprise par le géant coréen Samsung (1994-1999) puis par l'entreprise jurassienne Valentini SA (1999-2003).
Maurice Rondez (1922-2002) a été cadre technique chez Thécla SA à St-Ursanne avant d'entrer en 1951 au service d'Ervin Piquerez SA (EPSA) à Bassecourt, en tant que chef du bureau technique puis comme représentant. Il a aussi fonctionné comme membre de diverses commissions du bureau des normes de l’industrie horlogère suisse (NIHS).
Deux fabriques de cadres de cycles, puis de bicyclettes, sont fondées à Bassecourt en 1924 : l’une par Georges Rebetez, qui lance la marque Stella, l’autre par Camille Piquerez (1901-1963), qui produit les cycles Jurassia dans les locaux de l’ancienne fabrique de boîtes de montres de son père, Ervin Piquerez (1869-1921).
En 1934, des difficultés économiques poussent Georges Rebetez à céder son entreprise à Camille Piquerez & Cie, dans des conditions défavorables. Cette société connaît une forte croissance dès les années 1930 : transformée en SA (1935), elle occupe 165 personnes en 1939 et s’installe dans de nouveaux locaux en 1940. La marque Stella devient célèbre dans les années 1940 grâce au sponsoring sportif.
Parallèlement à cette activité, Camille Piquerez produit aussi des meubles en acier. La société Meubles Acier SA (Stahlmöbel AG – STAMAG) est ainsi créée le 20 décembre 1948 (FOSC, 29.12.1948) ; Camille Piquerez fait partie de son conseil d'administration, présidé jusqu'en 1950 par son frère Ervin.
Camille Piquerez se retire de sa société en 1949 pour reprendre en 1951 une fabrique d’assortiments de boîtes de montres à La Neuveville, Camille Piquerez SA (CAPSA).
A Bassecourt, la succession a été reprise par un groupe de capitalistes bâlois et zurichois, sous le nom d’Usines Stella SA (Stella Werke AG), qui produisent des meubles en acier. L’entreprise est rachetée en 1980 par Iraj Sabet, homme d’affaire d’origine iranienne. Elle arrête sa production en 2000 ou 2001 et l’usine est détruite en 2004.